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OUEST FRANCE - NORMANDES EN TETE MERCREDI A DEAUVILLE

Parution le 06/03/2017

Entretien

Dominique Babel, présidente de l’ONG Soroptimist.

Cette année, vous êtes associées à la journée Normandes en tête proposée par la mairie, comment cela s’est-il passé ?

Normandes en tête est une idée de la mairie de Deauville, mais l’an passé, la manifestation n’a pas eu lieu. Nouvelle présidente de l’association Soroptimist, à Trouville-Deauville, je suis allée, en octobre, voir le maire de Deauville, en lui proposant de reprendre l’organisation, à notre compte, en gardant le nom Normandes en tête. Notre association est très impliquée dans l’éducation et l’entrepreneuriat au féminin. Il a été parfaitement d’accord.

Et, vous avez décidé d’élargir la demi-journée, à la journée entière ?

Oui une demi-journée, cela nous semblait un peu court. Quitte à se déplacer, parfois de loin, et à se rencontrer, on a décidé d’élargir à la journée entière. Au programme : améliorer son réseau, mais aussi ateliers nutrition, coaching et témoignages…

Avec une thématique cette année, le sport ?

Oui, il nous a semblé opportun de mettre en avant des sportives de haut niveau. Sport et entrepreneuriat développent les mêmes valeurs : combativité, persévérance, sens de l’effort et détermination.

En 2017, une journée dédiée aux femmes, c’est encore utile ?

Malheureusement, j’ai bien peur qu’il faille, encore, pendant longtemps, des journées dédiées aux femmes. 25 % des filles seulement choisissent les carrières scientifiques, et elles sont 75 % en lettres et sciences humaines. Dans le monde du travail également, les salaires des femmes à compétences égales sont inférieurs de 25 %. Et, en politique, même si la parité a fait des avancées, les présidents d’assemblées sont toujours majoritairement masculins. Il faut continuer de se battre.

On dit parfois que les femmes n’ont pas la culture du réseau, et cela entrave leur progression ?

C’est vrai, les femmes entre elles ont parfois du mal à se serrer les coudes. Mais, aujourd’hui, il existe de nombreux réseaux féminins en politique, dans les clubs service… Ce n’est peut-être pas naturel, mais c’est indispensable de faire front.

Vous-mêmes vous cultivez les clichés, atelier nutrition, yoga, la femme doit avoir une ligne parfaite ?

(Éclat de rire) Non absolument pas. La nutrition n’est pas synonyme de régime, mais c’est apprendre à se nourrir correctement pour alimenter la machine ! Et puis, cet atelier fera suite à un petit-déjeuner, où nous aurons mangé tout ce qu’il ne faut pas !

Dans aucune manifestation à dominante masculine, on ne verrait ce type d’atelier bien-être ?

Sans doute ! Les femmes n’ont pas le problème du regard de l’autre. Nous sommes un peu moins coincées que les hommes. On est parfaitement capable de lâcher prise.

En France, aujourd’hui, vous estimez les femmes plus averties de leur droit qu’hier ?

Droit de vote, droit de disposer de son corps ont été des combats de femmes dont les jeunes générations de femmes semblent moins regardantes. Elles se reposent sur les lauriers des autres. Beaucoup de jeunes femmes, aujourd’hui, disent qu’elles n’ont pas envie d’aller travailler à l’extérieur. Si la vie était parfaite, ce choix pourrait presque se concevoir… Des étudiantes qui acceptent une soirée intitulée Putes et mac, moi ça, ça me fait peur. Et, je me dis que notre plus grand ennemi, c’est nous-mêmes.

Mercredi 8 mars 2017, à l’hôtel Normandy . Inscriptions closes. De 9 h à 16 h 30.

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